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Merci, Gabriel Nadeau-Dubois!

2014-11-24

J’aurais pu aussi appeler ce billet « Hommage aux jeunes ». Je l’ai toujours dit et je les ai toujours défendus. Ils sont brillants, allumés, sans complexe et surtout, ils sont impliqués. Pas tous, évidemment, mais beaucoup d’entre eux. Suffisamment pour qu’on se garde une grosse gêne de les juger. Dans bien des cas, ils pourraient nous faire la leçon.

Et une de ces leçons est arrivée hier soir à l’émission « Tout le monde en parle ». Gabriel Nadeau-Dubois qui utilise une bourse littéraire de 25 000 $ du Gouverneur général pour son livre « Tenir tête » et qui, plutôt que de l’accepter, l’investit dans une cause et s’en sert même de levier pour ramasser des fonds additionnels en invitant la population à doubler sa propre mise. Brillant. Cette cause, c’est le mouvement « Coule pas chez nous » qui s’oppose à ce que le Québec se fasse cicatriser à tout jamais par cet oléoduc devenu maudit.

Alors, je vous le demande. Qui d’entre nous aurait eu la grandeur d’agir ainsi? De refuser, en ces temps difficiles, 25 000 beaux dollars? Gabriel Nadeau-Dubois n’est pourtant pas millionnaire. Et il n’a que 24 ans.

Ce geste, tout aussi symbolique que pratique, me rassure, me réconforte. Il me redonne de l’espoir et Dieu sait que nous en avons besoin. Les gestes à saveur collective qui vont dans le sens du bien commun plutôt que dans ceux des intérêts individuels sont devenus si rares que celui de Gabriel Nadeau-Dubois prend une importance particulière. Il incite les gens à se réveiller et à s’impliquer. À voir plus loin que leur petit nombril.

J’espère que ce geste sera suivi par d’autres ayant une portée semblable, mais pour des causes différentes, car vous savez, l’implication sociale et la participation citoyenne sont de sérieux facteurs d’influence du bonheur. Ils sont à la fois l’ingrédient et le ciment d’une société saine. Systématiquement, les personnes qui disent s’impliquer socialement ou auprès de causes qui leur sont chères affichent un IRB nettement plus élevé. En fait, 19 points séparent l’IRB les uns (qui s’impliquent beaucoup) de celui des autres (qui ne s’impliquent aucunement).

Et c’est à partir de ce moment que l’on peut qualifier de réelle société l’endroit où nous vivons, car nos actions prennent plus de sens n’étant pas qu’orientées vers notre seul bien personnel.

En passant, si vous doutez de la pertinence du projet Énergie est de Trans-Canada, je vous invite à visiter le site « Coule pas chez nous », vous obtiendrez de nombreuses réponses. Et si l’envie vous vient d’appuyer cette cause en lui donnant les moyens de se battre contre une multinationale assoiffée, passer par le site Doublons la mise créer dans la foulée du don de Gabriel Nadeau-Dubois et faites y un petit dépôt. Ça vous fera par mourir.

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Mais quelle belle idée!

2014-09-04

« Oublie un livre quelque part ». Mais quelle bonne idée. Quelle belle initiative porteuse et qui sera, j’espère, virale.  La lecture ne possède que des vertus. Elle représente l’une des activités les plus accessibles. La lecture nous informe, nous fait rêver, nous bouleverse, nous enrichit de toutes les manières.

Alors, d’oublier un ou des livres quelque part, comme le suggère Julie Patenaude et Kim Vincent, c’est offrir un beau cadeau. Parce qu’en plus, la lecture contribue au bonheur. L’IRB l’a vérifié à deux reprises. Les résultats de l’enquête de novembre 2010 confirment ceux obtenus trois ans plus tôt. Dix points séparent l’IRB des personnes qui ne lisent jamais avec celui des personnes qui lisent souvent (72,30 vs 82,30). Les résultats sont presque directement proportionnels à la fréquence de lecture.

Mais la lecture glisse toujours un peu. Sans doute parce qu’elle demande un certain effort. Le temps passé sur l’ordinateur augmente sans cesse et ce temps est pris d’abord à celui que l’on passait devant l’écran de télé, mais aussi et beaucoup au temps que l’on passait à lire. Près du quart des Québécois (23%) affirment que c’est principalement la lecture qu’ils ont délaissée au profit de l’ordinateur.

Et plus les années passent, plus les gens sont nombreux à affirmer lire moins qu’avant. La lecture, peu importe comment on regarde les chiffres, est toujours perdante. Pourtant, elle est si riche. Et le plus triste, c’est de constater que ce sont les plus jeunes qui sont clairement les plus nombreux à lire moins souvent qu’avant.

Alors oui, oublier un, deux ou même trois livres sur des bancs de parcs, dans un café ou les places publiques entre le 8 et le 14 septembre. Qui sait, vous donnerez ou redonnerez peut-être le goût de la lecture à une personne et, par le fait même, contribuerez à l’amélioration de son bonheur.

Moi, c’est certain, j’en laisserai trainer quatre ou cinq . . . dont les deux que j’ai écrits, vous m’en excuserez.

En passant, je profite de ce billet pour vous inviter à laisser des titres de livres que vous recommandez, des livres qui vous ont bouleversés. J’y vais avec les trois miens. « L’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera, l’incroyable « The road » de Cormac McCarthy (je l’ai lu en anglais celui-là, durant mon expérience de Naufragés des villes. C’est un de mes colocs qui me l’avait passé) et le fabuleux « L’avalée des avalés » de Réjean Ducharme.

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Pus capable!

2014-08-25

Non, mais il y a toujours une limite à s’aimer et afficher comment bon et généreux l’on est. Il y a toujours une limite, sous prétexte d’aider une cause, de plutôt s’en servir pour mousser sa petite personne. Il y a toujours une limite à la superficialité, au petit coup d’éclat sans fond, à la fausse minute de gloire.

Le Ice bucket chalenge, c’est rapidement devenu ça. Et ça empire, chaque jour. Les mises en scène pour les vidéos coûtent parfois cinq, dix, vingt fois plus cher que la valeur du don. Et n’allez pas me dire que tout ça est fait par pur altruisme, pour parler et promouvoir une cause. Ou si peu. C’est bien plus une excuse, un prétexte pour se montrer, s’afficher. Et qu’est ce qu’on retient? Le côté spectacle. La cause, on s’en fout. Ce n’est vraiment pas de cette façon que l’on sensibilise et que l’on développe le côté altruisme des gens. Si c’est ça, je n’ai pas vraiment hâte de voir où nous en serons rendus dans quelques années. Le saut de bungee suspendu par les dents?

La compétition et la concurrence entre les différentes causes pour s’accaparer leur part des dons consentis créent une escalade des moyens qui ne s’attaque qu’au côté superficiel et ponctuel du don. Mais qui peut les en blâmer? Elles ont identifiées, avec succès, la vanité et l’orgueil des gens comme talon d’Achille. Mais à ce jeu, pour une cause gagnante, il y a des dizaines de causes perdantes.

Et maintenant, avec les réseaux sociaux, si on sent le besoin de dire et montrer chaque petit moment insignifiant de sa vie, j’imagine que de se faire verser une chaudière d’eau glacée sur le dos en constitue l’apothéose.

Et ce n’est pas tout. On se lance des défis. Publiquement. Et les coqs réagissent. Où se trouve alors le lien avec la cause? Bien loin. L’orgueil, la fierté, la vanité, et le narcissisme occupent tout l’espace. C’est pourtant dans l’humilité et la discrétion que le don prend tout son sens, parce qu’il est voulu et senti. Pas forcé ni subtilisé ou manipulé. Si vous avez besoin de vous faire verser une chaudière de glace pour donner à une cause, c’est peut-être parce que vous ne donner par pour les bonnes raisons . . . ou parce que votre petite image publique vous aveugle.

Alors maintenant, pensez à une cause qui vous est chère. Sortez votre chéquier et envoyez votre don, sans tambour ni trompette. Vous en retirez une grande satisfaction intérieure, car c’est cette satisfaction qui demeure la meilleure.

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