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Le fleuve!

2014-12-01

Tout le monde l’admire et le respecte. On peut passer des heures à le contempler, surtout dans sa partie plus large. À se laisser bercer par sa musique. À s’émouvoir de toute la vie qui s’y trouve. À redouter aussi ses excès et son incroyable puissance. Il est si imposant.

Expliquer notre relation au fleuve, c’est expliquer nos racines, notre histoire. Depuis toujours, il imprègne le territoire de toute sa force et sa vie. Il marque les nôtres. Ne coulent pas seulement que du sang de nos veines, mais aussi de l’eau de ce fleuve. Il est vital et nous nourrit. D’absolument tout.  Il nous attire, comme un aimant. Que serions-nous sans ce fabuleux cours d’eau? Rien. Nous n’existerions même pas. Nous lui devons notre présence sur cette terre.

C’est pour cette raison, parfois inconsciente, que nous le chérissons et le protégeons de la sorte. Il est un joyau unique au monde. Il nous appartient autant que nous lui appartenons. Nous sommes indissociables l’un de l’autre. Au-delà des considérations économiques reliées à des projets pétroliers, au-delà des intérêts à courte vue de promoteurs et politiciens affamés et sans scrupule, au-delà mêmes des considérations environnementales évidentes et celles touristico-maritime intrinsèquement reliées au fleuve, nous avons une responsabilité ultime qui transcende toutes les autres, soit celle de prendre tous les moyens pour le garder le plus fort et le plus en santé possible. De sa force vient la nôtre. Son humeur influence notre bonheur.

Il nous a donné la vie, c’est notre rôle et notre devoir de protéger la sienne et de ne prendre aucun risque de l’altérer.

Les dirigeants de Trans-Canada ne l’ont jamais compris. Nous n’oserions jamais toucher et menacer leurs magnifiques Rocheuses. Qu’ils laissent alors notre fleuve tranquille et ravalent leur pétrole.

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Lettre à monsieur Couillard (2e)

2014-11-28

Monsieur Couillard, le 9 avril dernier, à la suite de votre victoire aux élections, je vous écrivais un billet qui, je crois, en était un d’espoir. Comme on dit, je laissais la chance au coureur, même si je n’avais pas voté pour votre formation. Je concluais ce billet en vous demandant simplement d’être bon . . . bon dans le sens le plus large du terme et surtout, dans son sens humain.

Près de huit mois après la diffusion de ce billet, je me rends bien compte que vous ne l’avez évidemment jamais lu. Pas dans le sens que j’espérais qu’il atterrisse instantanément sur votre bureau, mais, plus symboliquement, plus naïvement, assurément, un peu comme une bouteille à la mer qui finit par trouver son destinataire, peu importe le chemin qu’elle prend. Je vous invite à relire ce billet.

Vous ne pourrez alors que constater ma grande déception. L’espoir n’a pas duré longtemps. Le parti libéral étant ce qu’il est, c’est-à-dire un parti d’intérêt. Et à ce chapitre, je dois vous féliciter, car vous l’honorez merveilleusement bien.

Depuis quelque temps, j’essaie de comprendre, mais je n’y arrive pas. Les seules conclusions auxquelles j’arrive, quand je regarde votre approche, ne sont pas très glorieuses pour vous et vos collègues et pas très porteuses de bonheur pour la population. Et j’en suis d’autant plus déçu que votre gouvernement est dirigé par trois médecins. Des médecins, oui. Ceux qui devraient, naturellement, afficher une plus grande humanité, une meilleure empathie et veillez au mieux-être de la collectivité.

Mais je le disais un peu plus haut dans ce billet, je suis naïf. Idéologiste aussi. Il faut l’être un peu pour créer un indice de bonheur. Et je me suis mis à penser aux médecins et à l’attitude de certains d’entre eux. Ceux de votre âge particulièrement. Ceux qui possèdent la vérité, qui savent tout, qui ont le pouvoir de guérir. Ceux pour qui les patients n’ont rien à dire, ignorants qu’ils sont, ces pauvres. Ceux qui regardent en bas alors que leurs yeux pointent vers le haut, ceux pour qui l’humilité n’est qu’un concept pour les « loosers ». Ceux, finalement, qui sont fermés, trop convaincus qu’ils ne peuvent qu’avoir raison. Ce sont les plus mauvais médecins.

Monsieur Couillard, c’est précisément cette attitude que je perçois de votre gouvernement, à la différence que la population n’est ni votre client et encore moins votre patient. Que les structures existantes et les personnes qui les composent ne sont ni vos techniciens, ni vos infirmières.

Monsieur Couillard, nous ne sommes pas à votre service, c’est vous qui êtes au nôtre. Il faudrait que vous et vos amis le réalisiez. Et dans cette optique, il est primordial, au moins, d’écouter et surtout, de le faire avec toute la bonne volonté qui s’impose. Vous n’avez pas l’exclusivité des solutions et des bonnes idées, que non.

Monsieur Couillard, vous ne le sentez peut-être pas, mais la colère gronde. Et si elle éclate, vous n’aurez que vous à blâmer.

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Merci, Gabriel Nadeau-Dubois!

2014-11-24

J’aurais pu aussi appeler ce billet « Hommage aux jeunes ». Je l’ai toujours dit et je les ai toujours défendus. Ils sont brillants, allumés, sans complexe et surtout, ils sont impliqués. Pas tous, évidemment, mais beaucoup d’entre eux. Suffisamment pour qu’on se garde une grosse gêne de les juger. Dans bien des cas, ils pourraient nous faire la leçon.

Et une de ces leçons est arrivée hier soir à l’émission « Tout le monde en parle ». Gabriel Nadeau-Dubois qui utilise une bourse littéraire de 25 000 $ du Gouverneur général pour son livre « Tenir tête » et qui, plutôt que de l’accepter, l’investit dans une cause et s’en sert même de levier pour ramasser des fonds additionnels en invitant la population à doubler sa propre mise. Brillant. Cette cause, c’est le mouvement « Coule pas chez nous » qui s’oppose à ce que le Québec se fasse cicatriser à tout jamais par cet oléoduc devenu maudit.

Alors, je vous le demande. Qui d’entre nous aurait eu la grandeur d’agir ainsi? De refuser, en ces temps difficiles, 25 000 beaux dollars? Gabriel Nadeau-Dubois n’est pourtant pas millionnaire. Et il n’a que 24 ans.

Ce geste, tout aussi symbolique que pratique, me rassure, me réconforte. Il me redonne de l’espoir et Dieu sait que nous en avons besoin. Les gestes à saveur collective qui vont dans le sens du bien commun plutôt que dans ceux des intérêts individuels sont devenus si rares que celui de Gabriel Nadeau-Dubois prend une importance particulière. Il incite les gens à se réveiller et à s’impliquer. À voir plus loin que leur petit nombril.

J’espère que ce geste sera suivi par d’autres ayant une portée semblable, mais pour des causes différentes, car vous savez, l’implication sociale et la participation citoyenne sont de sérieux facteurs d’influence du bonheur. Ils sont à la fois l’ingrédient et le ciment d’une société saine. Systématiquement, les personnes qui disent s’impliquer socialement ou auprès de causes qui leur sont chères affichent un IRB nettement plus élevé. En fait, 19 points séparent l’IRB les uns (qui s’impliquent beaucoup) de celui des autres (qui ne s’impliquent aucunement).

Et c’est à partir de ce moment que l’on peut qualifier de réelle société l’endroit où nous vivons, car nos actions prennent plus de sens n’étant pas qu’orientées vers notre seul bien personnel.

En passant, si vous doutez de la pertinence du projet Énergie est de Trans-Canada, je vous invite à visiter le site « Coule pas chez nous », vous obtiendrez de nombreuses réponses. Et si l’envie vous vient d’appuyer cette cause en lui donnant les moyens de se battre contre une multinationale assoiffée, passer par le site Doublons la mise créer dans la foulée du don de Gabriel Nadeau-Dubois et faites y un petit dépôt. Ça vous fera par mourir.

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