Mettre ses culottes!
2013-05-17
Tout le monde connaît cette expression et comprend sa définition, mais parfois, j’ai l’impression qu’au Québec, on se promène tous en boxeur. Et le boxeur, bien souvent, ne devient qu’un tout petit slip.
Ma fille, 23 ans et allumée, surnomme souvent, mais affectueusement les Québécois de « Quebmous ». Chaque fois qu’elle le dit, cela provoque chez moi deux réactions contraires. À la fois un petit sourire amusé, mais aussi une grimace embarrassée.
Mais où donc veut-il en venir ce matin vous dites-vous? C’est simple, à notre lâcheté collective. Oh, un gros mot. Exagéré peut-être? Oui, un peu. Pour provoquer.
Les cliniques de médecine familiale privée explosent au Québec. Un phénomène révélé par La Presse, mais que l’IRB savait déjà depuis quelques années. En fait, en février 2013, 10% (25% pour les personnes ayant des revenus annuels de plus de 80 000$) des Québécois disaient avoir consulté plusieurs fois des cliniques médicales privées et 27%, une à deux fois. Au total, c’est plus du tiers qui ont utilisé des services privés en santé.
En fait, il arrive à la médecine ce que j’écris depuis six ans. La médecine emprunte exactement le même chemin de l’éducation, le privé occupant de plus en plus de place et laissant progressivement au public les restes. J’exagère à peine.
Il est fou de constater la puissance d’une tendance qui ne faiblit pas. Celle de ne prendre que le bon de ce qui est gratuit et public pour se faire subventionner au privé ce qui semble faire défaut au public.
Je n’ai rien contre le privé, mais que le privé demeure privé. Qu’il assume sa position. Je peste encore de savoir que les frais d’admissions aux écoles privées sont subventionnés à la hauteur de 60%.
Pour les cliniques médicales familiales privées, c’est un peu le même phénomène. Je peste de savoir que l’on paie, collectivement, 300 000$, 400 000$ pour former un médecin et que celui-ci, sitôt qu’il en a l’occasion, se tire au privé pour empocher encore plus d’argent.
C’est simple. Un investissement collectif doit rapporter à la collectivité. Les médecins sont des investissements et des richesses collectives. S’ils veulent travailler au privé, soit, mais qu’ils remboursent à l’État, qu’ils nous remboursent notre investissement. Après, ils pourront bien faire ce qu’ils veulent.
On entend tous les jours qu’il est important de créer la richesse, mais qu’en faisons-nous une fois que nous l’avons créée? Nous la faisons profiter aux mieux nantis?
Mais les médecins sont des demi-Dieux. Ils représentent un puissant lobby et on cherche encore les couilles de nos dirigeants. Et, là comme ailleurs, comme en éducation, les bons « Quebmous » que nous sommes avaleront le petit somnifère sans mot dire.


