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Ce qu’on ignore du palmarès des villes!

2014-04-16

Le palmarès IRB 2014 des villes où l’on s’estime les plus heureux, le huitième, a été publié la semaine dernière avec toujours le même intérêt et son lot d’entrevues média, mais aussi avec plusieurs interrogations, questionnements et parfois, de scepticisme.

Les médias sont toujours un peu surpris de réaliser comment on peut réussir à faire parler ce palmarès. Combien les données qui sous-tendent ce palmarès sont riches en informations et permettent de bien saisir le portrait d’une population donnée.

Je le dis et le répète, l’IRB est devenu une sorte d’observatoire social indépendant qui base ses recherches sur une banque de données unique au Québec. Alors, allons-y avec certaines précisions.

Le résultat d’une ville se veut la moyenne de l’IRB pour tous les résidents de cette dite ville qui ont rempli l’un des questionnaires en ligne de l’IRB. Ils sont maintenant près de 90 000, ce n’est pas rien. Et l’IRB est l’auto-évaluation que chacun fait de son bonheur. Les résultats sont donc l’expression des citoyens. L’IRB ne fait que collecter ces résultats, les compiler, les analyser, les interpréter et les diffuser.

L’analyse de ces résultats permet de rapidement constater que les premiers ne le sont pas sans raison et les derniers, également. La banque de données de l’IRB permet maintenant de savoir, pour chaque ville apparaissant dans le palmarès cumulatif, son résultat pour chacun des facteurs d’influence du bonheur. Il y en a 24. Je ne vous expliquerai pas en détail le calcul de la mesure de performance pour chacune des villes et des facteurs, mais les résultats sont plus que concluants. Les villes en haut du palmarès, systématiquement, affichent 19, 20, et même parfois 21 facteurs sur 24 au-dessus de la moyenne nationale. À l’opposé, les villes au bas du classement n’en affichent que 6, 5 et parfois 4.

Je vous invite à consulter l’article suivant où nous avons déterminé, pour cinq facteurs, les trois villes affichant la plus forte mesure de performance et les trois villes affichant la plus faible. Cette analyse permet aux villes intéressées de connaître le portrait de leur population pour l’ensemble des 24 facteurs et d’agir, éventuellement, pour améliorer ceux pour qui il est possible de le faire. Cette information d’une grande richesse est unique et donne la possibilité aux élus de contribuer à l’amélioration du bonheur de leur collectivité.

Une mairesse me disait récemment que si cette information pouvait lui permettre d’améliorer ne serait-ce qu’un seul facteur d’influence du bonheur de ses citoyens, elle n’avait pas le droit de ne pas le faire. C’est ce que j’appelle être en politique pour les bonnes raisons.

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Lettre à monsieur Couillard

2014-04-09

Monsieur Couillard, je vous le dis d’entrée de jeu. Je n’ai pas voté pour vous. Je fais partie du 58%. Mais vous êtes mon premier ministre et je l’accepte. Il y a des choses bien pires dans la vie et vous êtes bien placé pour le savoir.

Malgré tout, je fonde certains espoirs. Plus en vous qu’en votre parti, je dois dire. En fait, je me demande si vous serez le leader que l’on recherche sans trop d’espoir de le trouver. Si vous saurez vous élever au-dessus de la mêlée et redonnez une certaine crédibilité au monde politique? Si vous saurez apporter une dynamique positive basée davantage sur l’écoute et le respect plutôt que la chicane, la confrontation et la démagogie? Si vous serez en mesure de sortir du joug partisan qui vous lie les mains et la langue . . . Malgré votre majorité. Si vous serez assez ouvert pour devenir le premier ministre des Québécois, dans leur diversité.

Vous savez monsieur Couillard, il y a du bien dans ce que proposent les autres partis. Saurez-vous le reconnaître? Aurez-vous l’humilité des grands, de ceux qui font passer les intérêts supérieurs avant les leurs et ceux des personnes qui les entourent? Le scrutin à la proportionnelle en est un bel exemple, une belle façon de redonner un peu d’espoir en la démocratie et au sens de chaque vote. Je sais, cette forme de consultation ne favorise pas votre parti, mais il favorise, là encore, la diversité des opinions.

Laisserez-vous les vautours roder autour de vous et les sangsues s’installer, car vous savez monsieur Couillard, il y en a dans votre parti . . . Dans les autres aussi, probablement. Ils prennent toute sorte de formes aussi séduisantes les unes que les autres pour arriver à leurs fins, qui ne sont pas les nôtres, mais saurez-vous les démasquer, les dénoncer et les balancer?

Vous voulez parler des vraies affaires, d’économie et d’emploi, monsieur Couillard, mais votre mandat et votre mission sont bien plus grands. Ne soyez pas réducteur, n’agissez pas en simple gestionnaire de l’état, mais soyez visionnaire, avant-gardiste. Donnez-nous un projet. Nous en avons besoin. On vous dit terriblement intelligent, alors utilisez cette force et poussez votre entourage à se dépasser, à faire preuve d’audace et d’innovation. Sortez de votre zone de confort. Épatez-nous et surtout, ne nous servez par du réchauffé.

Ayez du courage. Monsieur Legault a raison. Nous manquons de courage. Soyez celui qui nous prouve le contraire, qui nous incite à relever des défis . . . À relever la tête aussi. Rendez-nous fiers et élevez-vous. Au-dessus des médias, entre autres, qui ne cherchent qu’à niveler vers le bas, qu’à réduire et toujours rouler dans la boue tout ce qu’ils touchent . . . Même si certains d’entre eux sont vos amis avoués.

Vous savez monsieur Couillard, j’étudie le bonheur et ses différentes manifestations depuis maintenant huit ans. Je sais que du point de vue du bonheur collectif, Québec Solidaire est nettement la meilleure formation, mais bon. D’un point de vue individuel, la vôtre, peut-être. Mais savez-vous que le bonheur collectif influe bien davantage sur le bonheur individuel que l’inverse? Parce que le bonheur individuel, malheureusement, on le garde pour soi, on ne le partage pas, ou si peu.

Alors, soyez davantage solidaire. Favorisez un peu le collectif au détriment de l’individuel. Tout le monde y gagnera. Finalement monsieur Couillard, soyez bon. Ça serait génial.

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La différence entre les libéraux et les autres!

2014-04-05

Les élections sont dans deux jours, je sais. Les Québécois, selon les résultats des sondages, s’apprêteraient à élire les libéraux. Pourquoi? Allez savoir. Tout le monde sait que la mémoire est une faculté qui oublie.

Mais au-delà de cette tendance, j’ai toujours cherché à comprendre ce qui motivait chacun des partis politiques . . . Outre le pouvoir, bien sûr. Et au-delà des étiquettes de gauche, droite, centre droit ou centre gauche, qu’est-ce qui animait les partis politiques? Quelle était leur motivation profonde? La composition de leur ADN?

J’ai compris lorsqu’un politicien aguerri m’a gentiment et calmement expliqué le principe suivant. En parlant du Parti libéral, il m’a expliqué que depuis presque sa fondation, il y a des lunes, cette formation politique est guidée et motivée par ses intérêts et ceux de ses membres. Parfois, ces intérêts peuvent aussi représenter ceux de la majorité de la population, mais la plupart du temps, ils ne concernent qu’une petite portion de celle-ci. Il m’expliquait également que compte tenu de cette motivation profonde d’assouvir ses intérêts et ceux des personnes qui le composent, ils sont forcément plus vulnérables à des dérapages, des raccourcis et même . . . La commission Gomery avant, la commisson Charbonneau maintenant fournissent le reste de la réponse.

En parlant du  Parti Québécois, il m’a confirmé que cette formation politique était encore guidée par les idées et que la réalisation de ces dernières constitue sa motivation profonde, mais avouait du même souffle que le parti de 2014 ne se compare en rien à celui des années 80 ou même 90. Plus électoraliste, plus opportuniste, plus centriste, la mission qui l’a mis au monde s’affadit.

Il m’expliquait que c’est davantage avec Québec Solidaire que l’on retrouvait la mission initiale du Parti Québécois. Une forme de pureté, une dose de naïveté, beaucoup d’originalité avec une profonde volonté de servir et de redonner un sens au mot collectivité. Leur seul intérêt est celui de la population qu’il espère un jour desservir. Un peu, finalement, à l’opposé des libéraux.

Pour la CAQ, son idée n’était pas encore faite, une espèce de floue enveloppant les réelles intentions de ce parti et la motivation profonde de la seule personne qui le personnifie. Il hésitait entre opportunisme et bravoure, entre démagogie et pragmatisme, entre égotrip ou désir de servir, mais convenait que ce parti, contrairement aux trois autres, est celui d’un seul homme.

Voilà ce que cet homme m’a expliqué. Ça m’a beaucoup éclairé. Maintenant je sais où je vais faire mon x lundi prochain.

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