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Un bon employeur, c’est quoi?

Les vertus de cette recette élémentaire, mais trop peu utilisée, porteront fruits dans l’ensemble de l’organisation qui en sortira gagnante à tous les chapitres. Vous avez des doutes? Cet article, nous l’espérons, saura vous convaincre ou, si vous l’êtes déjà, confirmera le bien-fondé de votre position.

Positivisme et ouverture vs conservatisme et fermeture

Les nouvelles idées, c’est ce qui fait avancer. Il y a un monde entre s’y ouvrir et s’y fermer. Les conséquences sur la performance d’une organisation sont majeures et déterminantes. Voici une série de constats (11) dont plusieurs sont renversants. Dans tous les cas, les résultats sont proportionnels au degré d’ouverture des entreprises. Aux fins de l’exercice, nous ne tiendrons compte que de celles les plus et les moins ouvertes, sachant que les résultats des entreprises plus ou moins positives et ouvertes face aux nouvelles idées se situent quelque part entre les deux.


Onze constats

1) Les employés des entreprises ouvertes et positives face aux nouvelles idées se montrent 5 fois plus satisfaits de leur travail que ceux qui travaillent pour une entreprise conservatrice et fermée face aux nouvelles idées (67 % vs 14 %).

2) Les facteurs rémunération (15 % vs 8 %) et reconnaissance (21 % vs 10 %) occupent 2 fois plus d’importance pour les employés des entreprises fermées plutôt qu’ouvertes alors que de pouvoir relever des défis et se dépasser s’avère 4 fois plus important (26 % vs 6 %) pour les employés des entreprises ouvertes.

3) Les entreprises ouvertes aux nouvelles idées organisent fréquemment des sessions, séminaires ou journées de formation 6 fois plus souvent que les entreprises fermées conservatrices et fermées aux nouvelles idées (25 % vs 4 %). De plus, leurs employés sont 3 fois plus nombreux à considérer ces formations comme essentielles et motivantes (17 % vs 6 %).

4) Toujours selon les répondants, les entreprises ouvertes sont 5 fois plus nombreuses à regorger de compétences et de talents que celles fermées (46 % vs 8 %), alors qu’à l’opposé, ces dernières sont 8 fois plus nombreuses à manquer de compétences (72 % vs 9 %).

5) Attention ici. Les employés d’entreprises ouvertes aux nouvelles idées sont presque 6 fois plus nombreux à entretenir une très bonne relation avec leur supérieur immédiat que ceux d’entreprises fermées (70 % vs 13 %). Ils sont également 25 fois plus nombreux à qualifier le climat de travail de très bon (52 % vs 2 %).

6) Les employés d’entreprises ouvertes aux nouvelles idées sont 4 fois moins nombreux à sentir une certaine forme de harcèlement psychologique que ceux d’entreprises conservatrices et fermées aux nouvelles idées (12 % vs 53 %).

7) Est-ce la conséquence directe, mais les employés des entreprises conservatrices et fermées sont 2 fois plus nombreux à déjà avoir été victime de dépression ou de burn out (46 % vs 22 %) que ceux travaillant pour des entreprises ouvertes. Ils sont également 2 fois plus nombreux à se déclarer souvent ou quelquefois malades alors qu’ils ne le sont pas (26 % vs 12 %).

8) Les employés des entreprises conservatrices et fermées face aux nouvelles idées sont presque 3 fois plus nombreux à craindre de perdre leur emploi que ceux des entreprises ouvertes (21 % vs 8 %). Ils manquent de confiance également et sont nettement moins nombreux à sentir qu’ils ont le bagage, la connaissance et les compétences pour s’en dénicher une nouvelle.

9) Sans surprise, les employés des entreprises conservatrices et fermées aux nouvelles idées sont 20 fois moins nombreux à penser que leur employeur se préoccupe passablement de leur bonheur que les employés des entreprises ouvertes aux nouvelles idées (3 % vs 60 %).

10) Pas surprenant dans ce cas que ces employés d’entreprises conservatrices et fermés soient 3 fois plus nombreux à considérer la notion de bonheur au travail comme trop flyée, trop ésotérique, trop avant-gardiste et trop impliquante pour leur employeur que ceux des entreprises ouvertes aux nouvelles idées (37 % vs 12 %).

11) Pour terminer, et ce sera le dernier clou dans le cercueil, les employés d’entreprises ouvertes aux nouvelles idées sont presque 9 fois plus nombreux à considérer leur employeur comme bon ou très bon que ceux évoluant pour des entreprises conservatrices et fermées (93 % vs 11 %).

Le bonheur au travail : Une notion qui préoccupe davantage les employés que les employeurs?

L’étude de l’IRB constate un écart entre la perception des employés et des employeurs face à la notion de bonheur au travail. Alors que les employés, tout domaine d’activités confondues sont largement majoritaire (71 %) à considérer cette notion comme intéressante, actuelle, remplie de potentiel et essentielle en 2010 pour toute entreprise soucieuse de sa réussite et de son avenir, ils ne sont par contre que 32 %, moins du tiers, à penser que leur employeur se préoccupe réellement de cette notion.

Pourtant, les effets de cette préoccupation sont à peu de choses près les mêmes que ceux générés par le fait qu’une entreprise se montre ouverte aux nouvelles idées ou pas.

 Les mêmes onze constats mentionnés précédemment s’appliquent entre entreprises qui se préoccupent passablement du bonheur de leurs employés et celles qui ne s’en préoccupent pas du tout.

La notion de bonheur au travail fait peur parce que le mot bonheur est si galvaudé qu’il perd, aux yeux de plusieurs, toute dimension objective, scientifique et mesurable. Pourtant, les sceptiques n’auraient qu’à parcourir les différents travaux de l’IRB pour constater que ce n’est plus le cas et que le bonheur est maintenant devenu une variable qui compte, une variable dont on peut se servir pour améliorer le sort des différentes collectivités. Les employés d’une organisation forment une collectivité et à ce titre, il est désormais possible d’intervenir pour mesurer et améliorer leur niveau de bonheur.

Il n’en tient qu’aux dirigeants de faire preuve d’un peu d’audace et d’aller au-delà des idées préconçues qu’ils entretiennent face à la notion de bonheur. Ils ne peuvent qu’en sortir gagnants.


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