
La solidarité québécoise, davantage une illusion, qu’une réalité!
On peut toujours porter des lunettes roses et penser que tout va bien, que la société québécoise, après tout, est l’une des meilleures au monde, ce qui n’est pas totalement faux et que lorsqu’on se compare, on se console.
Cette attitude, du point de vue du bonheur, est assurément la meilleure, car le bonheur, toujours aussi frileux et ringard, supporte difficilement que l’on soit préoccupé, que l’on se questionne et revendique. Il préfère de loin les lunettes roses aux lunettes grises, mais le bonheur est souvent myope et ne voit pas plus loin que son nez.
Lunettes grises ou lunettes roses
Si l’on se donnait la peine de porter quelques instants ces lunettes grises, on verrait que bien des éléments ne sont pas nécessairement roses. Ainsi en va-t-il de la solidarité qui ici, au Québec, est une notion qui bât sérieusement de l’aile.
Avec les trois quarts de la population (73 %) qui considère que les valeurs que chérissent les Québécois sont principalement individuelles, il il y a lieu de s'inquiéter de l'avenir de cette société et encore davantage lorsqu'on apprend que seulement 8%, oui 8%, considèrent que les Québécois, peu importe leurs origines et leur provenance, sont solidaires et partagent les mêmes valeurs sociales.
Comme définition de solidarité, on a déjà vu mieux. Pourtant, quelque part, les gens la souhaitent cette solidarité, sinon, il ne serait pas 77 % à croire qu’il est important, pour une société, d’avoir un ou plusieurs de ces projets collectifs, mais personne n’en propose.
Imaginez, plus de la moitié des Québécois (55 %) affirment que la volonté de changer des choses autour d’eux, de faire avancer des idées et d’améliorer leur sort et celui d’autrui est un élément qui les caractérise et les distingue. Sans doute que plusieurs prennent leurs désirs pour des réalités, car les réponses données à de nombreuses autres questions trahissent cet enthousiasme.
L’indispensable mobilisation
Pour changer des choses autour de soi et améliorer le sort de la société, il y a un élément qui apparaît indispensable et incontournable : la mobilisation. Et la mobilisation implique forcément la solidarité. J’ajouterais aussi le leadership. Trois éléments actuellement inexistants, ou presque.
Dans ce contexte, pas surprenant que seulement 39 % croit encore possible que la population puisse, le cas échéant, se mobiliser, se regrouper, faire front commun et manifester afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il change une décision impopulaire et/ou injuste? Et encore là, cette proportion (39 %), à la lumière des autres données, semble nettement exagérée.
Cette proportion (39 %), déjà faible, très théorique et vertueuse, fondrait à combien dans la réalité? Elle ne pèserait certainement pas assez lourd pour qu’elle puisse initier un revirement et un changement de cap de la part de nos dirigeants. Ces derniers sont beaucoup moins sensibles aux récriminations de la population que le sont les compagnies envers les consommateurs. Et celles qui ne le sont pas suffisamment en payent le prix. Parlez-en à Toyota.
L’une des seules forces d’un peuple réside dans sa capacité à se mobiliser, et cette force semble absente au Québec.
Et pour clore cette soi-disant solidarité des Québécois, à peine 13 % d’entre eux croient que les générations futures pourront bénéficier des mêmes avantages que ceux dont nous jouissons actuellement alors que 47 % sont catégoriques pour affirmer le contraire.
C’est donc dire que nous sommes gourmands et toujours intéresser à prendre, mais très pingres, peu enclins à donner et . . . Fortement individualistes. Au Québec, on aime bien s’accoler des étiquettes que l’on n’a pas vraiment. J’imagine, comme le dit la chanson, que « c’est bon pour le moral ».
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IRB moyen 73,30 79,20 |
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