Vieillissement de la population: Sommes-nous prêts?

Vieillissement de la population : Sommes-nous prêts?

On a beau en parler de ce vieillissement de la population, il ne semble pas inquiéter beaucoup de Québécois, car seulement 24 % s'en disent préoccupés alors que 50 % n'affichent ni préoccupation, ni inquiétude et que 26 % n'ont aucun souci à ce sujet, ce qui semble d'ailleurs contribuer à leur bonheur, l'IRB de ces derniers étant 4 points supérieurs à celui des personnes qui s'en montrent préoccupés (79,40 vs 75,30).

Peut-on parler d'insouciance? Probablement pas, mais ce phénomène démographique modifiera la dynamique sociale et entraînera des responsabilités additionnelles pour tout le monde. Et peu de gens semblent prêts à y faire face, tant psychologiquement que financièrement.

L'aspect psychologique vs l'aspect financier du vieillissement

Questionnés à ce sujet, à peine le tiers des Québécois (35 %) se disent prêtsmentalement et psychologiquement à prendre soin d'un parent ou d'un ami (e) très malade ou mourant.

Cette proportion chute à 22 % lorsque l'on demande aux mêmes répondants s'ils seraient prêts, mais cette fois financièrement, à prendre soin d'un ami (e) très malade ou mourant.

Une responsabilité de plus sur le dos des femmes

Encore une fois, ce sera principalement aux femmes à qui incombera ce fardeau. Près de la moitié d'entre elles (41 %) se disent prêtes mentalement et psychologiquement à assumer cette responsabilité alors que cette proportion chute à 29 % pour les hommes.

Le volet injuste de cette situation se situe du côté financier. Alors que les femmes sont plus nombreuses à être prêtes, elles sont cependant moins nombreuses que les hommes (19 % vs 26 %) à pouvoir faire face aux éventuelles conséquences financières que représente la prise en charge d'un parent ou ami (e) malade ou mourant.

La société, une fois de plus, utilisera-t-elle la compassion, l'empathie et la sensibilité des femmes à leur détriment? C'est une question qui mérite d'être posée et c'est une préoccupation pour laquelle les femmes devront se méfier.

L'argent n'a pas de cœur

Ce n'est pas la première fois que l'IRB remarque que la compassion et l'empathie trouvent peu de refuges auprès des mieux nantis de la société. Ainsi, alors que les personnes qui déclarent des revenus de 80 000$ et plus sont les plus nombreuses (49 %)à être prêtes financièrement à prendre soin d'un parent ou ami (e) malade ou mourant, ils sont, à l'opposé, les moins nombreux (30 %) à s'avouer prêts mentalement et psychologiquement à faire face à une telle éventualité.

Le tableau qui suit vaut bien des commentaires.

Prêts à prendre soin d'un parent ou ami(e) malade ou mourant selon les revenus

C'est dans ces situations que l'on réalise l'importance d'évoluer dans une société qui prône l'équité et la justice sociale.
Ah oui! Vous vous en doutez sans doute, mais le bonheur trouve davantage écho auprès des personnes qui se disent prêtes, et mentalement et financièrement, à prendre soin d'un parent ou ami (e) malade ou mourant. C'est aussi l'une des raisons pour laquelle la conscientisation sociale est l'un des 24 facteurs d'influence du bonheur (le 22e).